Etudes d'Arabes à cheval (mine de plomb et aquarelle). Nationalmuseum, Stockholm.
Au
cours de ses longues promenades à cheval dans les environs de Tanger en compagnie de
Charles de Mornay, Delacroix s'érnerveille de la beauté d'une nature rude et puissante: "J'éprouve
des sensations pareilles à celles que j'avais dans l'enfance. " Craignant
d'oublier l'éclat de la lumière et les images foisonnantes qui viennent sans
répit ravir sa vue, là le reflet d'une ombre bleue turquoise, ici les scintillements
d'une djellaba.
Portes et murailles à Meknès (aquarelle sur traits à la plume et encre brune).
Musée du Louvre, album d'Afrique du Nord et d'Espagne.
Pour ne pas laisser le temps pâlir la vivacité
des couleurs et faire s'éteindre la fièvre et la beauté de cette contrée "
barbare ", il passe ses journées à dessiner. Sans relâche, il croque et relève
toute la vie qui palpite autour de lui, tel un ethnographe, le plus souvent à l'aquarelle ou au crayon. Enchevêtrements d'esquisses et
d'annotations gribouillées : dans ses Carnets, il consigne au jour le jour ses
impressions, inscrit minutieusement les couleurs, les architectures, les silhouettes, les
attitudes, les itinéraires et toutes les péripéties du voyage et note les plus menus
détails. L'animation d'un campement, les lentes caravanes de mulets et de chameaux
s'étirant sur les chemins caillouteux, l'allure d'un caftan, les étals colorés des
échoppes regorgeant d'épices, les oriflammes et les montures rutilantes harnachées d'or
d'un escadron de soldats moghaznis, ou quelques musulmanes enturbannées
"Ils sont plus près de la nature de mille manières. La beauté s'unit à tout ce qu'ils font"
Cheik arabe couché sur un tapis (aquarelle et encre). Musée du Louvre, album d'Afrique du Nord et d'Espagne